Carbone

Vendredi 22 octobre 2010 5 22 /10 /Oct /2010 14:03

Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, en complément  du développement des énergies non carbonées (énergies renouvelables, énergie nucléaire...) et de l'amélioration de l'efficacité énergétique, les techniques de captage et de stockage du dioxyde de carbone sont susceptibles de jouer un rôle important dans la réduction des émissions de dioxyde de carbone. L'Agence internationale de l'énergie estime que cette technologie pourrait contribuer à hauteur de 20 % des réductions d'émissions de dioxyde de carbone mondiales souhaitées d'ici à 2050. La Commission européenne estime quant à elle qu'elle pourrait représenter environ 15 % des réductions d'émissions requises dans l'Union européenne en 2030.

Majoritairement critiquée par les ONG écologistes qui préfèrent la réduction à la source, cette technologie de stockage du CO2 me paraît néanmoins complémentaire et prometteuse si elle est bien encadrée. A cet égard, l'ordonnance n°2010-1232 permet d'apporter un cadre légal équilibré pour la conduite des projets de stockage de CO2.

Les articles 5 à 9 de 
l'ordonnance n° 2010-1232 du 21 octobre 2010 portant diverses dispositions d'adaptation au droit de l'Union européenne en matière d'environnement fixent le cadre juridique du stockage géologique du dioxyde de carbone.

Ces articles complètent la transposition de la directive 2009/31/CE du 23 avril 2009 relative au stockage géologique du dioxyde de carbone, dont le chapitre II relatif à la « sélection des sites de stockage et aux permis d'exploration » a déjà été transposé par l'article 80 de la loi Grenelle 2 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l'environnement. 

En résumé :

Les dispositions des articles 5 à 9 donnent un cadre légal aux activités de stockage géologique sûr et permanent du dioxyde de carbone à des fins de lutte contre le réchauffement climatique ainsi qu'aux règles d'accès des utilisateurs potentiels aux réseaux de transport et aux sites de stockage géologique de dioxyde de carbone. Ils prévoient notamment, conformément aux dispositions de la directive, le principe d'une autorisation préalable à l'exercice d'une activité de stockage géologique de dioxyde de carbone ainsi que les conditions dans lesquelles la responsabilité du site peut, au terme de la période d'exploitation et d'une période de surveillance, être transférée à l'Etat.

En détail :

L'article 5 insère une section 6 au chapitre IX du titre II du livre II du code de l'environnement intitulé « Effet de serre » visant à définir le cadre réglementaire pour le stockage géologique de dioxyde de carbone conformément aux dispositions de la directive 2009/31/CE. Cette nouvelle section fait suite et complète la section 5, introduite dans le code de l'environnement en application de l'article 80 de la loi portant engagement national pour l'environnement, relative à la recherche de formations souterraines aptes au stockage géologique de dioxyde de carbone.

Ses dispositions, relatives au stockage géologique de dioxyde de carbone et à l'accès des tiers, visent l'ensemble des activités de création, d'essais, d'aménagement, d'exploitation et de cessation d'activité des sites de stockage ainsi que les conditions d'accès des tiers aux infrastructures de transport et de stockage de dioxyde de carbone.
Elles sont applicables sur le territoire national ainsi que sur le plateau continental et dans la zone économique exclusive sans préjudice des dispositions particulières applicables aux régions d'outre-mer et des dispositions internationales ratifiées par la France, en particulier les amendements relatifs au stockage de dioxyde de carbone du protocole de Londres et de la convention OSPAR.
Les sites de stockage souterrain de dioxyde de carbone à destination industrielle, au sens de produit chimique, ne sont pas concernés par cette nouvelle section.
Le dioxyde de carbone considéré n'est pas du dioxyde de carbone pur. Bien que les flux considérés soient essentiellement composés de CO2, ils peuvent également contenir d'autres substances, notamment issues des procédés de captage du CO2.
La concentration des substances associées ou ajoutées doit rester inférieure aux niveaux qui seraient susceptibles de compromettre l'intégrité du stockage ou des infrastructures de transport appropriées ou de présenter un risque significatif pour l'environnement ou la santé humaine.
L'établissement d'un cadre légal concernant le stockage géologique de dioxyde de carbone doit garantir que cette technologie sera mise en œuvre d'une manière qui ne puisse nuire à l'environnement et à la santé humaine. Ainsi, il est rappelé que les activités de stockage géologique de dioxyde de carbone doivent respecter ces intérêts tels qu'ils sont détaillés à l'article L. 511-1 du code de l'environnement et à l'article 79 du code minier.
La sous-section 1 de la section 6 instaure la nécessité d'une autorisation d'exploiter.
L'exploitation est soumise à autorisation en application de l'article L. 512-1 du titre Ier du livre V du code de l'environnement relatif aux installations classées pour la protection de l'environnement. La Commission européenne est consultée préalablement à la délivrance de l'autorisation, conformément aux exigences de la directive.
La demande d'autorisation ne peut être examinée que si le demandeur justifie être détenteur d'une concession de stockage géologique de dioxyde de carbone. Le recours au principe de la concession permet notamment d'attribuer les titres sur la base de critères objectifs et non discriminatoires.
Un site ne devrait être choisi en tant que site de stockage qu'à la condition qu'il soit justifié par le demandeur qu'il n'existe pas de risque significatif de fuite, ni de risques significatifs pour l'environnement ou la santé humaine. De la même façon, lorsque la concession vise des nappes aquifères, le demandeur doit justifier que celles-ci sont naturellement et de façon permanente impropres à d'autres utilisations.
Afin de garantir qu'il n'y aura qu'un seul exploitant responsable du site de stockage, conformément aux exigences de la directive, il est prévu d'attribuer la concession à une seule personne physique ou morale. De même, afin de garantir le bon usage de la concession dans les respects des intérêts relatifs à l'environnement et la santé humaine, le pétitionnaire doit disposer de capacités techniques et financières suffisantes.
L'exploitation d'un site de stockage est autorisée pour une durée limitée et prorogeable. L'autorisation d'exploiter encadre le volume et les caractéristiques de dioxyde de carbone destiné à être stocké. Elle est notamment subordonnée à l'élaboration d'un plan de surveillance qui couvre aussi bien la période d'exploitation que les modalités de suivi du site après sa fermeture. L'article établit, conformément aux exigences de la directive, le principe de réexamen périodique du permis de stockage.
L'article L. 229-43 du code de l'environnement expose les obligations qui incombent à l'Etat après le retrait de l'autorisation et jusqu'à l'éventuelle délivrance d'une nouvelle autorisation. L'exécution de ces obligations peut se faire à la charge de l'exploitant qui transmet également à l'Etat à titre gratuit, les équipements, les études et les données nécessaires à l'accomplissement de ces obligations.
La sous-section 2 de la section 6 évoque la justification, par le demandeur, de sa situation au regard de la législation minière.
La sous-section 3 de la section 6 est consacrée à la mise à l'arrêt définitif et au transfert de responsabilité à l'Etat.
Elle précise les circonstances dans lesquelles le transfert de responsabilités à l'Etat doit s'opérer.
Une période minimale de surveillance de trente ans à la charge de l'exploitant, qui débute après l'arrêt définitif des injections, est à respecter. Si les éléments apportés par l'exploitant pour justifier que le dioxyde de carbone restera confiné de façon sûre et permanente ne sont pas jugés suffisants, l'Etat est autorisé à proroger la période de surveillance par une nouvelle période minimale qui ne peut dépasser dix ans.
Au terme du transfert, l'exploitant est libéré de ses obligations à présent assumées par l'Etat. En cas de faute ou de manquements de l'exploitant, les frais engagés par l'autorité administrative après le transfert de responsabilités peuvent être récupérés auprès de l'ancien exploitant.
La sous-section 4 de la section 6 évoque l'accès des tiers aux réseaux de transport et aux sites de stockage.
L'article L. 229-48 précise celles des dispositions du code de l'environnement qui régissent les règles relatives à l'accès des utilisateurs potentiels aux sites de stockage géologique de dioxyde de carbone et aux réseaux de transport destinés à transporter le dioxyde de carbone jusqu'à ces sites.
L'article L. 229-49 encadre les conditions commerciales d'accès des utilisateurs potentiels aux infrastructures de transport et de stockage de dioxyde de carbone.
Les contrats relatifs au transport et au stockage géologique de dioxyde de carbone en provenance d'installations non soumises au système d'échange communautaire des quotas d'émissions de gaz à effet de serre sont soumis au ministre chargé de l'environnement qui peut s'opposer à leur entrée en vigueur compte tenu de la part des obligations de réduction nationale des émissions de dioxyde de carbone au titre des instruments juridiques internationaux et de la législation communautaire dont l'Etat a l'intention de s'acquitter grâce au stockage géologique de dioxyde de carbone.
L'article L. 229-50 précise que l'accès transparent et non-discriminatoire aux réseaux de transport et aux sites de stockage de dioxyde de carbone ne peut être refusé que pour des motifs légitimes. Tout refus est dûment motivé et justifié au demandeur.
L'article L. 229-51 prévoit que le comité de règlement des différends et des sanctions (CORDIS) de la Commission de régulation de l'énergie est compétent en cas de litiges entre opérateurs et utilisateurs.
La sous-section 5 de la section 6 est relative aux dispositions communes.
Elle prévoit que l'Etat tient un registre des permis de stockage accordés et un registre permanent de tous les sites fermés et impose aux exploitants d'informer régulièrement l'Etat de leurs projets de développement.
L'article 6 prévoit notamment, en modifiant l'article L. 229-7 du code de l'environnement, qu'aucun quota n'est alloué à titre gratuit aux installations de captage de CO2, aux pipelines destinés au transport de CO2 ou aux sites de stockage de CO2 dans le système ETS. Il permet également de considérer comme non émis par une installation industrielle le dioxyde de carbone capté et stocké conformément aux dispositions de la section 6.
L'article 7 renvoie le code minier à la section 6 du chapitre IX du titre II du livre II du code de l'environnement pour la création, les essais, l'aménagement et l'exploitation de formations souterraines présentant les qualités requises pour le stockage géologique sûr et permanent de dioxyde de carbone.
L'article 8 apporte des modifications à la loi n° 2000-108 du 10 février 2000 relative à la modernisation et au développement du service public de l'électricité, en vue notamment de préciser le champ de compétence de la Commission de régulation de l'énergie et de son comité de règlement des différends et des sanctions.
L'article 9 comporte des dispositions transitoires. 

Cf l'ordonnance n°2010-1232 au JO http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000022934766&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id

Par Ariane - Publié dans : Carbone - Communauté : Grenelle de l'Environnement
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Vendredi 17 septembre 2010 5 17 /09 /Sep /2010 15:10

La Commission européenne a lancé aujourd'hui l'instrument de l'UE qui permet la démonstration rapide à grande échelle des technologies de captage et de stockage de CO2 (CSC). Le réseau de projets CSC est le premier réseau mondial de projets de démonstration en matière de CSC, destiné à favoriser le partage des connaissances et à aider les citoyens à mieux comprendre le rôle du CSC dans la réduction des émissions de CO2. Grâce à ce réseau,la Commission pourra aider la technologie CSC à développer tout son potentiel sans encombre et à devenir commercialement viable : http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/10/1140&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=en

Par Ariane - Publié dans : Carbone - Communauté : Grenelle de l'Environnement
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Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 17:40
François Fillon a annoncé l'abandon de la taxe carbone en soulignant qu'elle devait se faire au niveau européen pour "ne pas plomber la compétitivité" des entreprises françaises. Le Président de la République confirme cette position. Jean-Louis Borloo la déplore et Chantal Jouanno se désespère...

Prévisible mais affligeant !

Vous êtes nombreux à me demander si nous allons réagir face à l'abandon de la taxe carbone. Au risque de vous décevoir, non. Nous sommes aussi dépités que Jean-Louis Borloo mais moins désespérés que Chantal Jouano... Nous ne réagirons pas à chaud car nous ne voulons pas rajouter de l'huile sur le feu et crier au loup ou encore moins à la mort du Grenelle de l'Environnement. Ces réactions nous semblent excessives. Loin de dormir, de mourir, ou d'être déjà enterré, le Grenelle de l'Environnement reste entier et nous mobilise à chaque instant ! Et ce n'est pas parce qu'un pan du dispositif de fiscalité verte tombe que tout l'édifice tombe. 


Pour lire les réactions relatives à l'abandon de la taxe carbone, aller sur le site CleanTechRepublic http://www.cleantechrepublic.com/2010/03/23/reactions-apres-abandon-taxe-carbone/
 
Par Ariane - Publié dans : Carbone - Communauté : Taxe Carbone
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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 12:15
En vue de notre audition à l'Assemblée nationale par le député Michel Havard chargé par le Président de la République d'une mission sur le bilan carbone, Ecologie sans Frontière dresse un bilan des bilans.
Nos conclusions seront présentées ici prochainement. D'ici là tous vos commentaires sur les bilans sont les bienvenus. Et voici en téléchargements quelques documents :
Carbone_collectivites-bd-6547.pdf Carbone_collectivites-bd-6547.pdf  : la présentation du bilan carbone par l'Ademe (v collectivités)
Guide_Methodologique_V6.pdf Guide_Methodologique_V6.pdf   : le guide méthodologique du bilan carbone (v6)
Presentation_des_resultats_BC_22-04-08.pdf Presentation_des_resultats_BC_22-04-08.pdf  : le bilan carbone du ministère de l'agriculture
R-ferencesExternes021109.pdf R-ferencesExternes021109.pdf  : qui a réalisé son bilan carbone ?
Par Ariane - Publié dans : Carbone - Communauté : Grenelle de l'Environnement
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /Nov /2009 22:18
Par Ariane - Publié dans : Carbone - Communauté : Taxe Carbone
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Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /Oct /2009 18:57
La CLCV vient de mettre en ligne un calculateur de taxe Carbone : http://www.taxe-carbone.clcv.org/  
Attention, les données de calcul sont, pour l'instant, fausses.
Face à ce type d'initiatives, qui vont certainement se multiplier, il serait urgent que l'ADEME, le Ministère de l'Ecologie ou le Ministère des Finances mettent à notre disposition, pour les citoyens comme pour les collectivités, un outil de calcul simple et fiable.
Par A - Publié dans : Carbone - Communauté : Taxe Carbone
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Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /Oct /2009 14:00

L'UMP a édité un tract faisant le point sur la taxe carbone. Un tract intéressant bien que simple et loin d'être exhaustif. Dommage par exemple qu'il ne soit pas précis sur le prix de la taxe à la tonne de CO2 (17 €) et sur le montant de la compensation versée par chèque vert ou déduction fiscale (46 € par adulte "urbain" et 61 € par adulte "rural", plus 10 € par enfant à charge).

Cliquer ici pour télécharger ce tract UMP.
Ou aller sur le site Taxe Carbone de l'UMP ou sur le blog de l'UMP pour en discuter. 

Par A - Publié dans : Carbone - Communauté : Grenelle de l'Environnement
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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 18:00
la question se pose à la suite du communiqué de l'AMF (Association des Maires de France) :
« Les collectivités, et en particulier les communes et leurs groupements, seront affectées par la contribution climat énergie », puisqu’une « part non négligeable de leurs charges de fonctionnement est constituée de dépenses qui seront soumises à cette taxe, par exemple le chauffage des locaux publics (écoles, crèches, maisons de retraites, etc.) ou le carburant des véhicules de service ou de transport public », indique l’Association des maires de France. Or, « alors que les particuliers verront leur nouvelle charge compensée par une baisse ou un crédit d’impôt et que les entreprises bénéficieront de la suppression d’une grande part de la taxe professionnelle », aucune mesure n’est prévue pour ces collectivités, qui risquent de « subir à la fois une baisse à terme de leurs ressources et une augmentation de leurs charges ». L’AMF réclame donc qu’elles « bénéficient, dans le cadre d’une contractualisation avec l’Etat, de nouveaux financements pour mettre en œuvre leurs politiques de développement durable et celles en faveur des transports collectifs ou de la rénovation thermique des bâtiments communaux ».
Par A - Publié dans : Carbone - Communauté : Taxe Carbone
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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 17:53

Résumé des coulisses parlementaires sur la taxe carbone dans le journal l'Hémicycle : 

http://www.lhemicycle.com/2009/09/23/taxe-carbone-le-principe-plus-consensuel-que-les-modalites/

Avant même que le projet de loi de finances ne soit connu, Jean-Louis Borloo a dû se déplacer deux fois à l’Assemblée la semaine dernière pour y être entendu sur la taxe carbone. Il était accompagné la première fois – en commission du développement durable – de Chantal Jouanno, et la deuxième fois – devant la commission des finances – de Christine Lagarde et Dominique Bussereau.

Une chose est sûre : le principe même de la taxe carbone est approuvé sur tous les bancs politiques. Mais la manière de l’appliquer ne fait pas l’unanimité. Le prix de la tonne de CO2 est notamment critiqué par l’opposition qui doute de l’efficacité de la base de 17 €/t de CO2, préférant 32 €/t de CO2. « Les débats entre experts ont eu lieu sur le prix de départ de la tonne de CO2, rappelle Jean-Louis Borloo. Certains le trouve trop bas, d’autres trop haut. L’essentiel est de donner un signal prix à 10, 15, 20 ans. Il reviendra à la commission indépendante de déterminer la progressivité de la taxe. » « On commence à 17 € car c’est ce que paient en moyenne les entreprises sur le marché des quotas d’émission. Il serait difficile d’expliquer aux ménages qu’ils doivent payer deux fois plus que les entreprises ! Mais le seul bon chiffre est celui de 100 €/t de CO2 en 2030. C’est celui-ci qu’il faut inscrire dans le marbre », explique Chantal Jouanno.

 Bonus-malus

 Le député André Chassaigne (GDR, Puy-de-Dôme) dénonce « le déplacement complet de responsabilité » qu’induit selon lui cette taxe qui « culpabilise les gens et exonère totalement les entreprises ». Pour Chantal Jouanno, au contraire, « comme le dispositif du bonus-malus pour les voitures, il s’agit de donner la possibilité de changer les comportements et même de se faire de l’argent sur le dos des impôts. Les classes moyennes et les plus démunis toucheront plus qu’ils ne dépensent actuellement, et, s’ils adaptent leurs comportements, ils pourront même recevoir un bonus. »

L’Etat en débours

Répondant aux députés socialistes qui déplorent que les ménages disposant des plus hauts revenus bénéficient d’une compensation, alors que ces sommes pourraient utilisées pour développer les transports collectifs, le ministre d’Etat explique que le produit de cette taxe « ne doit pas être affecté à des politiques publiques. Les chantiers et actions lancés par le Gouvernement doivent être financés par l’Etat ». Ce dernier, ajoute-t-il, « est neutre sur cette opération, voire un peu en débours » car il faudra gérer cette mesure fiscale.

Taxe européenne 

Enfin, la députée Christine Marin (UMP, Nord) souligne qu’une telle taxe devrait être mise en place au niveau européen, faute de quoi les ménages des zones frontalières iront acheter leur essence dans les Etats membres voisins.

« Appuyant la volonté de la Suède, la France pousse le principe d’une taxe carbone aux frontières de l’Union afin d’éviter le dumping environnemental », approuve la secrétaire d’Etat à l’Ecologie.

Inquiétudes pour les entreprises

Bertrand Pancher (UMP, Meuse), rapporteur du projet de loi Grenelle II, considère que les dérogations prévues pour certaines filières – notamment les pêcheurs – ne sont pas opportunes. « Face à la baisse des ressources halieutiques, il faut réduire le nombre de pêcheurs, pas les exonérer de taxe carbone ». « Ce secteur, comme l’agriculture et les transports, ne sera pas exonéré, mais bénéficiera d’une compensation dégressive, afin de laisser aux professionnels le temps de s’adapter », précise Chantal Jouanno.

Didier Gonzales (UMP, Val-de-Marne), regrette quant à lui que le kérosène utilisé par l’aviation, qui représente 13 % des émissions de CO2 liées aux transports, reste exonéré de toute taxe. « Le transport aérien n’est pas inclus dans la taxe carbone car il fait partie du futur dispositif international des quotas d’émission », rappelle Chantal Jouanno.

Délocalisations 

Quant au sénateur Jean Arthuis (UC, Mayenne), il s’inquiète du fait que la taxe carbone représente « un coût de production », ce qui pourrait entraîner des délocalisations. « Ce serait la pire des situations non seulement pour notre économie mais aussi car cela reviendrait à délocaliser la pollution. Je me serais mieux accommodé d’une taxe carbone entraînant un allègement de cotisations sociales, donc un allègement de la taxation sur le travail. » 

Le président de la commission des finances du Sénat dénonce en outre la « complexité effroyable » de la fiscalité verte qui « sera le concours Lépine de la niche fiscale ! » 

Carine Duvoux

L'Hémicycle

4,5 Mds€, c’est le montant total des recettes attendues de la taxe carbone, dont 2 ,6 Mds€ viendront des ménages et 1,9 Md€ des entreprises. « Même la TVA sera redistribuée », précise Chantal Jouanno.

10 €, c’est ce que recevra chaque foyer fiscal par enfant à charge, a indiqué Christine Lagarde le 17 septembre au Sénat.

108 €, c’est le prix de la taxe carbone en Suède. En 1991, ce prix s’élevait à 27 €/t de CO2. La Suède a exclu les combustibles utilisés pour la production d’électricité de cette taxe. Dans ce pays, « les entreprises paient beaucoup moins – 16 à 20 €/t de CO2 – que les ménages », précise Chantal Jouanno, l’objectif étant de « préserver leur compétitivité ». « Au Danemark, le prix de la tonne de CO2 se situe autour de 20 €. Il oscille entre 10 et 40 € en Norvège », ajoute la secrétaire d’Etat à l’Ecologie.

 

Par A - Publié dans : Carbone - Communauté : écologie nature et histoire
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 19:15
 
Pour un adulte, la compensation est de 46 € (urbain) ou 61 € (rural) et 10 € par enfant à charge.
Cette compensation sera versée en février mars 2010 soit par chèque vert pour les non imposables soit par déduction du premier tiers de l'impôt sur le revenu pour les imposables. 
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 16:29
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 16:17
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 16:12
Vers une révolution verte

 

Eric DIARD, Secrétaire National en charge de l’énergie et de la croissance verte, se félicite de l’annonce du Président de la République sur la mise en œuvre de la taxe carbone.

La création d’une fiscalité écologique sur les énergies fossiles, qui exclue l’électricité, constitue une véritable révolution verte qui  va modifier les habitudes des consommateurs en les incitant à adopter un comportement éco-responsable.

En confirmant que cette taxe sera compensée intégralement par la baisse d’autres prélèvements sur les ménages, notamment par une baisse de l’impôt sur le revenu ou un chèque vert pour les personnes non imposables et sur les entreprises par la suppression de la part investissement sur la taxe professionnelle, le Président de la République a rassuré les français et tenu ses engagements de campagne: défendre le pouvoir d’achat et lutter contre le réchauffement climatique.

Cette mesure s’inscrit dans la dynamique du Grenelle de l’Environnement et va permettre le développement et l’innovation de nouvelles technologies axées sur la préservation de notre environnement.

Éric DIARD
Secrétaire national en charge de l’énergie et de la croissance verte

Communiqué UMP du 10 septembre 2009

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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 16:09
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 15:54
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Blog personnel d'Ariane Vennin,
Porte-Parole d'Ecologie sans Frontière (ONG membre du Grenelle de l'Environnement et association agréée de défense de l'environnement), fondatrice et ex-Présidente de Touche pas à mon panneau solaire (http://tpamps.fr/), Coordinatrice de RIO2012.fr, 3è Sommet de la Terre

Blogueuse et Conseil sur des thématiques écologiques et juridiques (maître de conf en droit de l'environnement, conseil en énergie et en environnement opérationnel pour collectivités, entreprises et avocats ; ex élue local et avocate en droit de l'environnement)

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