Grenelle de l'environnement

Jeudi 18 mars 2010 4 18 /03 /2010 14:39

Selon le projet de loi portant engagement national en faveur de l'environnement (Grenelle II), sera institué au sein du Conseil Supérieur de l'énergie un "comité de suivi des énergies renouvelables". 

Il me semble intéressant de rassembler ici les débats parlementaires relatifs à cette future instance appelée à jouer, on l'espère, un rôle essentiel quant au respect par la France de son objectif de 23% d'énergies renouvelables en 2020.

1/ Voici le
débat lors du vote du projet de loi Grenelle 2 au Sénat lors de la séance du 29 septembre 2009 = Après hésitation du Gouvernement, le principe du comité de suivi des énergies renouvelables est adopté

L'amendement n° 601 rectifié, présenté par MM. Poniatowski et Revet, est ainsi libellé :

Avant l'article 30, insérer un article additionnel ainsi rédigé :

Après le quatrième alinéa de l'article 45 de la loi n° 46-628 du 8 avril 1946 sur la nationalisation de l'électricité et du gaz, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :

« Un comité de pilotage et de suivi des énergies renouvelables est institué au sein du Conseil supérieur de l'énergie, afin d'évaluer la progression vers l'objectif de 23 % d'énergies renouvelables dans la consommation d'énergie finale en 2020. »

La parole est à M. Charles Revet.

M. Charles Revet. Le comité opérationnel n° 10 du Grenelle de l'environnement préconise, au chapitre III intitulé « Gouvernance et organisation institutionnelle », la mise en place d'un comité de pilotage et de suivi des énergies renouvelables. De plus, le Gouvernement avait annoncé, en 2004, la création d'un tel comité au sein du Conseil supérieur de l'énergie.

En effet, la bonne gouvernance du Grenelle de l’environnement suppose que la progression vers l'objectif ambitieux d’une production d’énergies renouvelables de 20 millions de tonnes d’équivalent pétrole en 2020 fasse l'objet d'un suivi régulier et indépendant. Dans la mesure où cette progression se révèle insuffisante, il sera nécessaire d'adapter la réglementation permettant le développement des énergies renouvelables en veillant notamment à l'adéquation entre cette dernière et les conditions économiques, sociales et environnementales.

Le Conseil supérieur de l'énergie est un organisme qui regroupe, depuis plusieurs années, des représentants de l'administration, des professionnels, des associations de consommateurs et des collectivités territoriales, sous l'égide de parlementaires. Il joue un rôle consultatif essentiel sur tous les projets de texte réglementaire relatifs au secteur de l'énergie.

Cet amendement vise donc à donner une traduction concrète à la proposition du comité opérationnel n° 10 du Grenelle de l’environnement.

M. le président. Quel est l’avis de la commission ?

M. Bruno Sido, rapporteur. Le Conseil supérieur de l’énergie a un rôle consultatif. Il est composé de parlementaires, de représentants de l’administration, des collectivités territoriales, des consommateurs d’énergie, des associations de protection de l’environnement et des entreprises du secteur de l’énergie.

L’idée de créer un comité de pilotage et de suivi des énergies renouvelables au sein du Conseil supérieur de l’énergie n’est pas mauvaise en soi.

M. Bruno Sido, rapporteur. La difficulté venait du fait que ce comité de pilotage, tel qu’il était défini dans la première version de l’amendement n° 601, aurait eu davantage de pouvoirs que le Conseil lui-même.

M. Pierre André. C’est ennuyeux !

M. Bruno Sido, rapporteur. En effet, loin de n’exercer qu’un rôle consultatif, il aurait pu « proposer les évolutions légales, réglementaires, fiscales ou tarifaires nécessaires ». Or ce rôle d’impulsion est normalement réservé au Gouvernement et au Parlement, d’où l’avis défavorable donné par la commission.

Cependant, tel qu’il a été rectifié, cet amendement me paraît, à titre personnel, plutôt acceptable. Il pose simplement le principe de la création du comité, dont les attributions et le mode de fonctionnement seront précisés par décret. Aussi, j’émets un avis favorable.

M. Charles Revet. Merci, monsieur le rapporteur !

M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement ?

Mme Chantal Jouanno, secrétaire d’État. Le Gouvernement n’est pas très favorable à la multiplication des conseils : le Conseil supérieur de l’énergie peut déjà jouer ce rôle.

M. Jean-Paul Emorine, président de la commission de l’économie. Il s’agit d’une instance créée au sein de ce conseil, non d’un nouveau conseil !

Mme Chantal Jouanno, secrétaire d’État. En outre, il est question dans l’amendement d’un « comité de pilotage ». Je ne verrais pas d’objection à ce qu’il s’agisse d’un comité de suivi ou d’évaluation, mais le pilotage relève de la responsabilité du Gouvernement. Si le Gouvernement ne s’occupe plus de la politique de l’énergie…

M. Charles Revet. Si vous le souhaitez, madame la secrétaire d’État, je rectifie mon amendement pour qu’il n’y soit plus fait référence au pilotage.

Mme Chantal Jouanno, secrétaire d’État. Dans ce cas, j’émets un avis favorable.

M. le président. Je suis donc saisi d’un amendement n° 601 rectifié bis, présenté par MM. Poniatowski et Revet, et ainsi libellé :

Avant l’article 30, insérer un article additionnel ainsi rédigé :

Après le quatrième alinéa de l’article 45 de la loi n° 46-628 du 8 avril 1946 sur la nationalisation de l’électricité et du gaz, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :

« Un comité de suivi des énergies renouvelables est institué au sein du Conseil supérieur de l’énergie, afin d’évaluer la progression vers l’objectif de 23 % d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale en 2020. »

La parole est à M. Roland Courteau, pour explication de vote.

M. Roland Courteau. En ma qualité de membre du Conseil supérieur de l’énergie, je voterai bien volontiers cet amendement. Vous l’aurez compris, c’était l’occasion pour moi de rappeler à tous que je siège au sein de ce conseil. (Sourires.)

M. le président. Je mets aux voix l’amendement n° 601 rectifié bis.

(L’amendement est adopté.)

M. le président. En conséquence, un article additionnel ainsi rédigé est inséré dans le projet de loi, avant l’article 30. 

2/ Voici le débat en commission des affaires économiques de l'Assemblée Nationale dans sa séance du 3 février 2010 =  la gouvernance à 5 est refusée dans le comité de suivi :

Article 30 A [nouveau] (Article 45 de la loi n° 46-628 du 8 avril 1946 sur la nationalisation de l’électricité et du gaz) : Comité de suivi du développement des énergies renouvelables

La Commission examine les deux amendements identiques CE 80 de M. François Brottes et CE 116 de M. Yves Cochet.

M. François Brottes. Je ne doute pas que M. Lenoir, qui préside le Conseil supérieur de l’énergie, voudra être aussi bien entouré que possible. L’amendement propose d’élargir la composition du comité de suivi des énergies renouvelables, créé à l’article 30 A, qui devrait obéir aux règles de gouvernance désormais admises en matière de développement durable.

M. Yves Cochet. Même argumentation.

M. le rapporteur pour avis suppléant. Je vous remercie de l’intérêt que vous portez aux travaux du Conseil supérieur de l’énergie. Modifier la représentation au sein du comité chargé des énergies renouvelables supposerait de modifier aussi la composition de ce Conseil. Il me semble préférable de ne pas bouleverser l’équilibre qui a été trouvé. Rien n’empêche, du reste, d’ouvrir les débats du comité aux intervenants évoqués par l’amendement. Avis défavorable.

Mme Valérie Létard, secrétaire d'État. Même avis.

La Commission rejette les amendements identiques CE 80 et CE 116.

Elle émet ensuite un avis favorable à l’adoption de l’article 30 A sans modification.


3/
 Voici le débat en commission du développement durable de l'Assemblée nationale le 23 février 2010 = Le principe de la gouvernance à 5 est écarté au sein du comité de suivi :

CHAPITRE II : 
énergies renouvelables

Article 30 A [nouveau] (Article 45 de la loi n° 46-628 du 8 avril 1946 sur la nationalisation de l’électricité et du gaz) : Comité de suivi des ENR

La Commission est saisie des amendements identiques CD 874 de M. Philippe Tourtelier et CD 891 de M. Martial Saddier.

M. Philippe Tourtelier. Ces amendements visent à faire respecter le principe de gouvernance à cinq instauré dans le processus du Grenelle de l’environnement en prévoyant son application au sein du comité de suivi des énergies renouvelables nouvellement créé. En commission des affaires économiques, le président du conseil supérieur de l’énergie, qui suppléait M. Serge Poignant comme rapporteur pour avis, a déclaré que ces amendements n’étaient pas nécessaires parce que rien n’empêche d’ouvrir les débats du comité aux intervenants évoqués par ces amendements. Nous répondons à cela que, si rien ne l’empêche, rien ne l’oblige non plus.

M. le rapporteur pour avis. Je maintiens l’avis défavorable donné en commission des affaires économiques.

La Commission rejette les deux amendements.

Puis elle adopte l’article 30 A sans modification.


Affaire à suivre.... (Pensez à vous inscrire à la newsletter du blog pour être informé de l'actualisation  de cet article :-))

Pour en savoir plus sur le Grenelle 2 (projet de loi, amendements, rapports etc.) = http://www.assemblee-nationale.fr/13/dossiers/engagement_environnement.asp
 
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Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /2010 11:17
Lors d'une conférence consacrée à la croissance verte, le bilan 2009 du Grenelle de l'environnement a été présenté : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Bilan-2009-du-Grenelle,14066.html 

Par ailleurs, des données sur la consultation "filières vertes" (rebaptisées "filières d'avenir") ont été précisées :

Jean-Louis Borloo, Chantal Jouanno, et Philippe Van de Maele, président de l’ADEME, ont présenté jeudi 11 février 2010 à la presse, les grandes lignes d’une politique industrielle fondée sur le développement des filières vertes d’avenir. Mesures phares : le Grand emprunt qui consacrera environ 10 Md€ au développement durable et l’appel à projets européen ENR 300.


Aujourd’hui, le gouvernement se donne les moyens de définir plus précisément les axes stratégiques des filières vertes, et d’accélérer encore l’émergence d’acteurs et de technologies innovantes en France et en Europe. Le Grand emprunt consacrera environ 10 Md€ au développement durable, dont 6 Md€ pour soutenir directement l’émergence de technologies vertes.

L’appel à projets européen ENR 300 consacrera 6 Md€ au développement de démonstrateurs de grande échelle dans 8 filières vertes. Plusieurs projets devraient être ainsi soutenus en France et Jean-Louis Borloo, lancera dans les prochaines semaines le processus de sélection des projets français afin de présenter des dossiers à la Commission avant la fin de l’année.

Depuis novembre 2009, le ministère du Développement durable a conduit une vaste consultation publique sur le développement de 18 filières vertes d’avenir*, porteuses de croissance et d’emplois.

Près de 400 réponses ont été apportées à cette consultation, dont 70 % émanent des acteurs économiques directement impliqués.

Plus de 80 actions sont déjà en cours, et ont permis un décollage rapide de certaines filières. Près de 80 nouvelles seront engagées à court terme. Huit chargés de mission spécifiques (en cours de recrutement) vont animer les échanges entre acteurs, les aider à structurer les filières et articuler les interventions de l’Etat. Les objectifs opérationnels seront déterminés pour chaque filière début mai 2010, en concertation avec les acteurs des filières. IIls seront suivis de plans d’actions précis.

 Les filières vertes d’avenir *:

Biomasse énergie, éolien, photovoltaïque, géothermie, énergies marines, biocarburants, véhicules décarbonés, captage et stockage de CO2, réseau électrique intelligent (smart grids), stockage de l’énergie et batterie, efficacité des bâtiments, biomasse matériaux, recyclage des déchets à haute valeur ajoutée, chimie verte,
métrologie instrumentation, optimisation des procédés industriels, logistique et gestion de flux, eau.

  
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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /2010 15:00

Comité de suivi du Grenelle de l’Environnement

Réunion du 22 janvier 2010

Ordre du jour

Matinée

11h00 – 12h15

Présidence : Jean-François Carenco, directeur de cabinet du Ministre d’Etat

1.Suivi d'avancement Grenelle (rapport annuel, suivi des engagements, synthèse des actions)

2.Points d’information :

2.1.Débat public nanotechnologies

2.2.Comité national du développement durable et du Grenelle de l'environnement  (CNDDGE) : décret de création

2.3.SNDD (saisine du CESE, travaux sur les indicateurs)

2.4.SNIT

2.5.Grand emprunt

2.6.Projet de loi Grenelle 2

2.7.Présentation des principaux axes de travail du ministère pour 2010

3.Croissance verte : filières industrielles stratégiques (avis du Comité suite à consultation)

12h15 – 13h00

Présidence : Valérie Létard

4.Métiers et emplois de la croissance verte

5.Solidarité écologique

13h00 – 14h15

Buffet déjeunatoire

Après-midi

14h15 à 16h00

Présidence : Ministre d'Etat

6.Energie et climat

6.1.Copenhague et post-Copenhague

6.2.Taxe carbone : point de situation

6.3.Plan national d’adaptation au changement climatique 

7.Grenelle de la Mer : point de situation

8.Biodiversité

8.1.Année 2010 de la biodiversité ; trame verte et bleue ; agence de la nature 

8.2.Haut Conseil des Biotechnologies (avis OGM et MON810)

9.Risques industriels

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Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 12:31
Un excellent document du Ministère fait le point sur l'affichage des caractéristiques environnementales des produits. L'article 85 du projet de loi Grenelle 2 a en effet pour objet de rendre obligatoire, progressivement, l'affichage du prix carbone de certaines catégories de produits. Cet affichage, qui existe déjà pour certains produits suite à des engagements volontaires de certaines entreprises, permet d'informer utilement le consommateur sur les émissions de gaz à effet de serre associées aux différentes phases du cycle de vie d'un produit.
Dans l'attente de l'adoption du projet de loi Grenelle 2 qui généralise cet affichage, le "point sur" du Ministère présente l''intérêt d'expliquer les enjeux et les méthodes d'affichage du prix carbone. 
A télécharger ici ou ici
Par Ariane - Publié dans : Grenelle de l'environnement - Communauté : Vie quotidienne et écologie
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Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /2010 11:01

Les documents relatifs à l'étude d'impact de la loi Grenelle 1 sont parus. Riches d'enseignements, ils mettent en perspective les principaux impacts économiques de la loi Grenelle 1 du 3 août 2009.
A télécharger ici :
- L'étude d'impact actualisée du Grenelle 1
- L'étude d'impact initiale du Grenelle  1
- Le point sur l'étude d'impact du Grenelle 1 

Par Ariane - Publié dans : Grenelle de l'environnement - Communauté : Vie quotidienne et écologie
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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /2009 00:16
Alors que débutent au Sénat les discussions sur le projet de loi Grenelle II, le gouvernement lance une campagne publicitaire pour promouvoir le développement de mesures environnementales. Jusqu’au 30 septembre, les principales chaînes de télévision diffuseront un spot de 30 secondes montrant la manière dont la croissance verte devrait changer la vie quotidienne des Français :



 
Par A - Publié dans : Grenelle de l'environnement
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