Partager l'article ! Solaire : nouveaux tarifs : questions sans réponses: En 2006, les bonnes idées écolos pour le photovoltaïque étaient simples et relevaient d ...
En 2006, les bonnes idées écolos pour le photovoltaïque étaient simples et relevaient d'un choix stratégique : privilégier le photovoltaïque intégré au bâti. Pour éviter des conflits
d'usage du sol, pour développer une filière industrielle cohérente avec notre savoir-faire dans le bâtiment etc. Ce choix a été accompagné de mesures incitatives comme le crédit d'impôt et le
tarif d'achat bonifié à 0,60€/kW. Souvenez-vous, ce choix stratégique figurait déjà dans la stratégie Nationale de Développement durable, largement débattue et âprement négociée au sein du
Conseil National du Développement durable.
En 2007 et 2008, le Grenelle de l'Environnement a renforcé et conforté ce choix, tant dans le COMOP Energies renouvelables ("Plan bâtiments Soleil") que dans les COMOP Construction
ou Agriculture durables ; Nous étions tous d'accord pour considérer le photovoltaïque comme un élément du bâtiment à favoriser.
En 2009, les communiqués et dossiers du Ministère semblaient maintenir ce cap. Les projets d'arrêtés
tarifaires discutés tout au long de l'année et dévoilés le 9
septembre 2009, ne laissaient pas présager d'évolution majeure sur cette orientation dont on se gaussait avec le tarif intégré au bâti "le plus élevé au Monde" !
2010 ne marque-t-il pas un revirement stratégique complet ? Avec des tarifs privilégiant les centrales au sol plutôt que l'intégré au bâti ?
Est-il écolo de brimer au tarif de 0,42 tous les bâtiments neufs, hors hors bâtiments résidentiels d'habitation principale bénéficiant eux du tarif à 0,58 ? Cela va-t-il favoriser la création de bâtiments neufs à énergie positive ? Cela va-t-il permettre l'émergence d'une vraie filière industrielle de croissance verte ?
Est-il écolo que seuls les bâtiments d'enseignement ou de santé existants soient éligibles au tarif de 0,58 ? Pourquoi l'installation photovoltaïque intégrée à la toiture d'un HLM, d'une mairie, d'une médiathèque ou d'un commissariat serait-elle moins rentable que celle d'un collège ou d'un hôpital ? Dans tous les cas, l'intérêt général est bien là non ?
Est-il écolo qu'un bâtiment éligible au tarif intégré au bâti de 0,58 ou 0,50 soit pénalisé et retombe à 0,42 si l'installation photovoltaïque est de puissance supérieure à 250 kWc ?
Est-il logique de payer plus cher, dans 90 % des départements français au coef R favorable, l'énergie produite par de grandes centrales au sol que celle intégrée en toiture ?
Si la régionalisation par la pondération du coefficient R en fonction de l'ensoleillement est une bonne idée écolo afin de ne pas concentrer le photovoltaïque au Sud de la France, pourquoi cette régionalisation ne s'applique-t-elle qu'au tarif au sol et pas à tous les tarifs intégrés ou intégrés simplifiés au bâti ?
Pourquoi la Corse et les Dom-Tom, pourtant bien ensoleillés, bénéficient d'un tarif de base au sol à 0,40 alors que la métropole est à 0,314 ?
Pourquoi encore la productibilité des centrales au sol est largement favorisée dans les nouveaux tarifs, avec une productibilité plafonnée à 2.200 h achetées (en métropole) et
même 2.600 h (en Corse et Dom-Tom) alors que le plafond de l'obligation d'achat des installations intégrées est limité à 1.500 h (en métropole) et 1.800 h (en Corse et Dom-Tom) ?
Faut-il accepter sans broncher que les français soient à ce point inégaux face au bénéfice du tarif de rachat de l'énergie solaire ?
Et quel va être le résultat évident de ce choix stratégique favorisant les installations au sol ?
La preuve que les centrales au sol sont désormais bien plus rentables que l'intégré au bâti et l'intégré simplifié ? Au delà des chiffres et des conditions juridiques plus
favorables : un simple constat : tous les avis de demandes d'autorisations ministérielles d'exploiter délivrés depuis janvier 2010 ne portent plus que sur des méga centrales au sol ! Cf ma
liste ci-jointe avec les références aux JO et les extraits des JO concernés car évidemment la publication officielle est tronquée dès le titre, et il faut se colleter tous les JO pour les
compiler.... Bravo le respect de la Convention d'Aarhus sur la transparence des données environnementales :-)).
Et ce au mépris de l'avis très réservé de l'ADEME sur les centrales au sol, réserves partagées par le monde agricole et les assoc écolo sur les conflits d'usage du sol et l'acceptabilité...
Résultat ? On va aboutir à la même incompréhension que pour les éoliennes, aux mêmes difficultés d'acceptation, aux mêmes procès... C'est affligeant, pour l'environnement ; Et pour l'emploi aussi. Car on en parle que trop peu de l'emploi. Mais à l'évidence autant intégrer des panneaux au bâti justifie le savoir faire français et de la main d'œuvre locale, autant la pose de panneaux au sol n'impose pas beaucoup de contraintes de main d'œuvre qualifiée...
Blog personnel d'Ariane Vennin,
Porte-Parole d'Ecologie sans Frontière (ONG membre du Grenelle de l'Environnement et association agréée de défense de l'environnement), fondatrice et ex-Présidente de Touche pas à mon panneau
solaire (http://tpamps.fr/), Coordinatrice de RIO2012.fr, 3è Sommet de la Terre
Blogueuse et Conseil sur des thématiques écologiques et juridiques (maître de conf en droit de
l'environnement, conseil en énergie et en environnement opérationnel pour collectivités, entreprises et avocats ; ex élue local et avocate en droit de l'environnement)
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